Modification de date – Assemblée Générale 2017

Nous invitons les membres et amis de l’Association Claude Guyot à participer à notre prochaine assemblée générale ordinaire qui se déroulera le

Dimanche 22 Octobre 2017
à 15 heures précises
au 3, rue de l’église à Arnay-le-Duc

Nous nous permettons d’insister sur l’importance qu’il y a d’assister, en personne, à cette réunion qui s’avère être indispensable au bon fonctionnement de notre association.

Nous vous rappelons qu’aux termes des statuts de notre compagnie, seuls les membres présents ou représentés, et à jour de leur cotisation le jour de la réunion, seront autorisés à prendre part au vote.

Un apéritif sera offert aux personnes présentes à l’issue de cette réunion.

Le colonel Fred Moore, Compagnon de la Libération, est décédé à 97 ans


Source : Ouest France

Le colonel Fred Moore, Compagnon de la Libération né à Brest et qui fut député de la Somme, est décédé à l’âge de 97 ans, a annoncé ce dimanche l’Élysée dans un communiqué dans lequel Emmanuel Macron « salue la mémoire d’un homme exceptionnel ».

La disparition de Fred Moore porte à dix le nombre de Compagnons de la Libération encore en vie, sur les 1 036 qui s’étaient engagés au côté de la France libre pendant l’Occupation allemande. Ce titre, créé par le général de Gaulle, a été décerné pendant et juste après la Seconde Guerre mondiale.

« Le président de la République a appris avec tristesse et émotion le décès du colonel Fred Moore, Compagnon de la Libération, Grand’croix de la Légion d’honneur, Chancelier d’honneur de l’Ordre de la Libération », a indiqué l’Élysée. Il « salue la mémoire d’un homme exceptionnel, qui a servi la France de toutes ses forces ».

Né le 8 avril 1920 à Brest, Fred Moore « avait été un des tout premiers à avoir répondu à l’Appel du général de Gaulle », a rappelé la présidence de la République. « Dès le 19 juin 1940 il quitte la France depuis Brest et atteint l’Angleterre le 1er juillet 1940, où il s’engage dans les Forces Françaises Libres ».

Fred Moore est décédé dans la nuit de samedi à dimanche à l’Institution nationale des Invalides, a précisé l’Ordre de la Libération dans un communiqué, saluant son « profond attachement à l’institution militaire à travers, notamment, son engagement dans la réserve qui lui a valu le grade le plus élevé de colonel honoraire ».

Expédition de Dakar, débarquement…

Il prend part à l’expédition de Dakar en septembre 1940 puis sert au Levant au sein d’une unité de Spahis Marocains. Il débarque en Normandie le 2 août 1944 avec la 2ème division blindée du général Leclerc.

Le 25 août 1944, lors de la libération de Paris, il prend une part active à la prise de l’École Militaire. Par la suite, il participe jusqu’en avril 1945 aux derniers combats, jusqu’en Allemagne.

Démobilisé en avril 1946, il crée une affaire d’optique à Amiens. Il est rappelé à l’activité en mai 1956 et sert en Algérie jusqu’en novembre 1956.

Chancelier de l’Ordre de la Libération

Élu député de la Somme à Amiens en 1958, il démissionne de toutes ses fonctions politiques en 1969 pour se consacrer à son métier d’opticien.

En mars 2004, Fred Moore est nommé membre du Conseil de l’Ordre de la Libération, puis par décret du 11 octobre 2011, chancelier de l’Ordre de la Libération.

« Le 18 juin, il était aux côtés du président de la République, au Mont-Valérien, pour la cérémonie commémorative de l’Appel du général de Gaulle », souligne l’Élysée.

Les «Compagnons» disparaissent, mais l’Ordre de la Libération veut leur survivre

Article AFP publié dans Libération le 5 septembre 2017. (Illustration : Le compagnon de la libération Hubert Germain le 28 août 2017 à Paris – Photo CHRISTOPHE ARCHAMBAULT. AFP).

 

«Je comprends que vous vous précipitiez pour avoir des nouvelles, parce qu’après il sera trop tard», sourit Hubert Germain : à 97 ans, il est l’un des 11 derniers Compagnons de la Libération. L’ordre mythique créé par de Gaulle veut préserver la mémoire de leur combat.

Installé dans son fauteuil roulant à la Chancellerie de l’Ordre de la Libération aux Invalides, à Paris, M. Germain montre sa Croix de la Libération, remise par le général de Gaulle en 1944. Ils sont 1.038 à en avoir été décorés jusqu’en 1946. Parmi eux: Winston Churchill, Jean Moulin et André Malraux.

Comme d’autres Compagnons et «parce que nous sommes un peu vicieux» dit-il, il l’accroche pendant les cérémonies «un étage au-dessus» de sa Légion d’honneur, pourtant premier ordre national.

«Pour nous, c’est numéro un», résume-t-il au sujet de l’Ordre de la Libération, cette «chevalerie exceptionnelle créée au moment le plus grave de l’Histoire de la France, fidèle à elle-même, solidaire dans le sacrifice et dans la lutte» selon les mots du général de Gaulle, qui l’a institué en 1940.

«C’est un ordre combattant», qui récompense «bien sûr les actions» mais aussi «ceux de la première heure», explique le général Christian Baptiste, son délégué national.

Le dernier Compagnon sera enterré au Mont Valérien (Suresnes) dans un caveau qui lui est réservé, aux côtés de 16 autres Compagnons.

Alors que deux Compagnons sont morts cette année, l’Ordre a déjà commencé à préparer une nouvelle phase de son histoire.

En 2012, les cinq communes décorées «Compagnons de la Libération» ont été chargées de conserver la mémoire de l’Ordre. Alors que le plus jeune des Compagnons approche les 96 ans, le général Baptiste est, lui, devenu en janvier le premier «patron de l’Ordre» à ne pas en être issu. Sa mission: assurer sa «transition» vers un «outil pédagogique au profit de la citoyenneté».

«L’exemple des Compagnons, c’est de dire que quelles que soient les vicissitudes de la vie, chacun a le choix entre une destin subi – l’Occupation -, et un destin choisi – la Résistance», dit-il, voyant un parallèle avec le «terrorisme qui cherche à faire éclater notre cohésion nationale».

Christian Baptiste veut aussi lancer des partenariats avec les écoles du pays pour que, partout, on puisse «s’approprier le Compagnon local, étudier son parcours, les moteurs de son engagement».

– «Je vais avoir besoin de vous» –

Hubert Germain, qui a notamment participé au Débarquement en Provence, se rappelle sa prise de conscience, à l’été 1940, alors qu’il s’apprêtait à passer le concours d’entrée à l’école navale de Bordeaux. «Au bout de cinq minutes je me suis dit +Mais qu’est-ce que tu fais là ?+». Il se lève et lance à l’examinateur surpris: «Je pars faire la guerre».

«Je comprends que vous vous précipitiez pour avoir des nouvelles, parce qu’après il sera trop tard», sourit Hubert Germain: à 97 ans, il est l’un des 11 derniers Compagnons de la Libération. L’ordre mythique créé par de Gaulle veut préserver la mémoire de leur combat.

Installé dans son fauteuil roulant à la Chancellerie de l’Ordre de la Libération aux Invalides, à Paris, M. Germain montre sa Croix de la Libération, remise par le général de Gaulle en 1944. Ils sont 1.038 à en avoir été décorés jusqu’en 1946. Parmi eux: Winston Churchill, Jean Moulin et André Malraux.

Comme d’autres Compagnons et «parce que nous sommes un peu vicieux» dit-il, il l’accroche pendant les cérémonies «un étage au-dessus» de sa Légion d’honneur, pourtant premier ordre national.

«Pour nous, c’est numéro un», résume-t-il au sujet de l’Ordre de la Libération, cette «chevalerie exceptionnelle créée au moment le plus grave de l’Histoire de la France, fidèle à elle-même, solidaire dans le sacrifice et dans la lutte» selon les mots du général de Gaulle, qui l’a institué en 1940.

«C’est un ordre combattant», qui récompense «bien sûr les actions» mais aussi «ceux de la première heure», explique le général Christian Baptiste, son délégué national.

Le dernier Compagnon sera enterré au Mont Valérien (Suresnes) dans un caveau qui lui est réservé, aux côtés de 16 autres Compagnons.

Alors que deux Compagnons sont morts cette année, l’Ordre a déjà commencé à préparer une nouvelle phase de son histoire.

En 2012, les cinq communes décorées «Compagnons de la Libération» ont été chargées de conserver la mémoire de l’Ordre. Alors que le plus jeune des Compagnons approche les 96 ans, le général Baptiste est, lui, devenu en janvier le premier «patron de l’Ordre» à ne pas en être issu. Sa mission: assurer sa «transition» vers un «outil pédagogique au profit de la citoyenneté».

«L’exemple des Compagnons, c’est de dire que quelles que soient les vicissitudes de la vie, chacun a le choix entre une destin subi – l’Occupation -, et un destin choisi – la Résistance», dit-il, voyant un parallèle avec le «terrorisme qui cherche à faire éclater notre cohésion nationale».

Christian Baptiste veut aussi lancer des partenariats avec les écoles du pays pour que, partout, on puisse «s’approprier le Compagnon local, étudier son parcours, les moteurs de son engagement».

– «Je vais avoir besoin de vous» –

Hubert Germain, qui a notamment participé au Débarquement en Provence, se rappelle sa prise de conscience, à l’été 1940, alors qu’il s’apprêtait à passer le concours d’entrée à l’école navale de Bordeaux. «Au bout de cinq minutes je me suis dit +Mais qu’est-ce que tu fais là ?+». Il se lève et lance à l’examinateur surpris: «Je pars faire la guerre».
Il prend la direction de l’Angleterre, mais ce n’est pas l’appel du 18 juin qui l’a décidé. «On ne va pas recommencer ce cinéma-là, personne ne l’a entendu l’appel!», balaie-t-il. «On a tous entendu ce laïus effrayant du maréchal Pétain disant qu’il fallait terminer la guerre et déposer les armes. Ca, ça a été un choc».

Le souvenir de sa première rencontre avec de Gaulle, cet été-là, est intact: «Il s’arrête un instant, il me regarde, et il me dit : +Je vais avoir besoin de vous+. Quand, à 18-19 ans, vous vous ramassez ça en pleine figure, dans le désastre général qui est là, il y a quelque chose qui vous émeut profondément».

Avec les autres Compagnons, il parle d’une solidarité «totale, illimitée». Pendant comme après la guerre, «pas question de politique», dit celui qui a été ministre des gouvernements Messmer entre 1972 et 1974: «Le sang du coco se mêlait au sang de l’aristo».

Aujourd’hui, il espère que l’Ordre prendra «des roulottes, des charrettes» pour aller «parler aux gens de l’histoire de leur pays». «Rien n’est mort».

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THÉÂTRE – Jean Moulin, Evangile : un plongeon passionnant dans l’Histoire et ses non-dits

Par Julie Cadilhac – Lagrandeparade.fr/ Que savons-nous de Jean Moulin, figure emblématique de la résistance, si ce ne sont quelques anecdotes que l’Histoire a voulu nous faire retenir ?

Dans « Jean Moulin, Evangile », Jean-Marie Besset retrace les trois années de résistance du préfet d’Eure-et-Loir, natif de Béziers, au moyen d’une écriture fine et riche de mots choisis et n’excluant pas l’humour. De son arrestation en juin 1940 suite à son refus d’accuser une troupe de tirailleurs sénégalais de l’Armée française d’avoir commis des atrocités envers des civils à La Taye, victimes en réalité de bombardements allemands, aux coups de poings qu’il reçoit et à son enfermement où il tente de se suicider en se tranchant la gorge avec un débris de verre ( et dont il gardera une cicatrice), de sa révocation par le régime de Vichy jusqu’à sa décision d’aller à Londres pour engager des pourparlers avec la France Libre et sa rencontre avec le Général de Gaulle le 25 octobre 1941; de sa nomination par ce dernier comme délégué civil et militaire pour la zone libre qui déclenche des jalousies à son unification des trois principaux mouvements de résistance; de sa couverture de marchand de tableaux à sa création du Conseil National de la Résistance…jusqu’à son arrestation le 21 juin 1943 par la Gestapo et sa mort dont les contours et les commanditaires restent douteux. On y croise Henri Frenay, qui gère les « résistants du midi » et deviendra chef du mouvement de Libération nationale, sa confidente israélite Antoinette Sachs, son fidèle Pascal Copeau, Pierre Brossolette avec lequel il entretient des relations complexes, sa soeur Laure ou encore Gorka, un jeune homme rencontré à Londres. Les figures du grand Charles de Gaulle et de l’effroyable Klaus Barbie s’invitent aussi et en quatre actes le spectateur découvre un héros, figure de proue du patriotisme français et dont la disparition s’auréole de flous historiques.

« Le sol national colle aux pieds du Général de Gaulle. »

Régis de Martin-Donos a conçu une mise en scène inventive, prenante et efficace. La scénographie est particulièrement pertinente et esthétique, reposant sur des ambiances feutrées, entre chien et loup et où l’inquiétude d’être pris enserre les coeurs et retient les souffles ; ballets ingénieux d’armoires qui se croisent, s’improvisent tantôt bureau du Général, tantôt lieux d’où l’on extirpe des documents secrets ou bien des souvenirs d’enfants, tantôt passages secrets….et l’on se laisse emporter dans le tourbillon de l’Histoire par le truchement de ces espaces sans cesse réinventés qui nous font voyager avec talent de la France à Londres, d’une chambre d’amants à une salle d’attente de médecin. Une esthétique choisissant volontairement de s’inscrire dans le réalisme avec des costumes d’époque, une représentation des allemands gueularde et agressive, des protagonistes investis et justes….avec un caractère cinématographique indéniable qui ajoute du romanesque à ce plongeon dans le passé de la seconde guerre mondiale. La distribution séduit également : Arnaud Denis incarne un Jean Moulin fort séduisant tant il réussit habilement à montrer tout à la fois les fragilités et la force de ce personnage; Stéphane Dausse est un excellent Charles de Gaulle, troublant de ressemblance physique et de présence charismatique ; Laurent Charpentier se métamorphose avec talent, de Gorka l’amant touchant au méfiant Henri Frenay; on retiendra de Michael Evans son rôle de Klaus Barbie, inquiétant à souhait ; Chloé Lambert est une Laure Moulin d’une retenue délicate ; Sophie Tellier, enfin, interprète avec une gracilité et une force louables le rôle d’Antoinette.

« Nous lèverons une armée dans les forêts de France. »

Alternance de scènes privées et de moments de la Grande Histoire, ce « Jean Moulin, Evangile » a choisi de rendre hommage au personnage historique en le hissant au statut de héros romantique.

Une pièce passionnante dans son propos (le dramaturge ayant fait un long travail de documentation et de recherches) et dans sa forme !

À découvrir avec intérêt et plaisir !

Jean Moulin, l’évangile
de Jean-Marie Besset
mise en scène : Régis De Martrin-Donos
Avec : Laurent Charpentier, Stéphane Dausse, Arnaud Denis, Michael Evans, Blandine Madec ,Chloé Lambert, Gonzague Van Bervesselès, Jean-Marie Besset, Sophie Tellier
David Belugou (Création costumes) , Alain Lagarde (Scénographie) , Pierre Peyronnet (Création lumières) , Emilie Tramier (Création son) , Patrice Vrain Perrault (Assistant(e) à la mise en scène).

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– Du jeu. 05/10/17 au dim. 22/10/17 à Paris – Théâtre 14 – Tel. +33 (0)1.45.45.49.77.