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Centenaire de la Grande Guerre : une semaine de commémorations

Jusqu’au 11 novembre 2018, date du centenaire de l’armistice de la Première Guerre mondiale, de nombreuses cérémonies de commémoration sont prévues en France. A l’initiative notamment de son président Emmanuel Macron parti en « itinérance » dans les ex-zones de combats. Une initiative à objectifs mémoriel, politique et diplomatique.

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Chaque jour de la semaine jusqu’au 11 novembre, Emmanuel Macron fera étape dans les lieux qui ont fait l’Histoire de cette guerre interminable (1 562 jours de combats de tranchées qui ont fait près de 10 millions de morts, rien que pour les militaires). Il va visiter ces régions du nord et de l’est de la France qui en portent encore les stigmates : de nombreux obus sont recrachés chaque année par les ex-champs de bataille.

Dès ce lundi, le chef de l’Etat se rend à Morhange, théâtre d’une défaite cuisante de l’armée française : 27 000 tués dans la seule journée du 22 août 1914. Mardi 6 novembre, il sera à Verdun, surnommée « la mère des batailles » pour visiter l’ossuaire de Douaumont. Le président de la République ira aussi aux Eparges, village de l’écrivain Maurice Genevoix, auteur d’un ouvrage de référence, intitulé Ceux de 14. Un peu plus tard dans la semaine, le Chemin des dames et la bataille de la Somme. Avec une constante : rendre hommage aux soldats, héros de cette guerre, plutôt qu’aux chefs militaires, les Foch, Joffre, Clemenceau, a fortiori Pétain.

Pourquoi les mettre au second plan ? L’historien Nicolas Offenstadt, auteur de l’ouvrage 14-18 aujourd’hui : la Grande Guerre dans la France contemporaine explique qu’ils ont été très critiqués dès l’époque, soit « pour leurs erreurs stratégiques, soit pour leur peu de considération pour les vies humaines ». Il rappelle que ce conflit a été « une guerre de masse », citant l’exemple du Soldat inconnu qui repose sous l’Arc de triomphe. Nicolas Offenstadt y voit « un basculement dans le régime mémoriel. L’humble, le petit soldat de la tranchée est au centre du culte ».

  • Renouer le fil

Dans cette optique, Emmanuel Macron sera mercredi à La Flamengrie, petit village où le 7 novembre 1918 retentit le premier coup de clairon annonçant le cessez-le-feu. Un monument y rend hommage à la ténacité des poilus, les combattants français : instituteurs, paysans, ouvriers, les sans-grade, tous ceux avec qui le chef de l’Etat veut aujourd’hui renouer le fil. Il va d’ailleurs s’arrêter dans une usine automobile, dans le bassin minier, dans une maison de retraite en milieu rural. Dans ces zones frappées par la crise économique après avoir été meurtries par la guerre.

  • Accent sur la paix

Lors de ce déplacement au long cours, Emmanuel Macron rendra hommage aussi aux combattants étrangers. Ce sera notamment jeudi 8 novembre lors de la visite au mémorial international de Notre-Dame de Lorette, sur lequel sont gravés les noms de 600 000 soldats de toutes les nationalités. Vendredi, ce sera la nécropole franco-britannique de Thiepval en compagnie de Theresa May. Dès mardi à Reims, recueillement devant le Monument aux héros de l’Armée noire pour un hommage aux tirailleurs sénégalais qui ont défendu la ville pendant la Première Guerre mondiale.

Plusieurs pays africains sont invités. Le président malien Ibrahim Boubacar Keita sera présent. Cette semaine de commémorations prendra en effet une tournure diplomatique. Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel seront ensemble le 10 novembre à Rethondes, à une centaine de kilomètres au nord de Paris. Dans la clairière où à l’intérieur d’un wagon a été signée la fameuse capitulation à 5h15 du matin. Un moment qui s’annonce extrêmement solennel.

Le lendemain matin, dimanche 11 novembre, des dizaines de chefs d’Etat issus des pays qui ont participé à la guerre seront réunis sous l’Arc de Triomphe à Paris pour raviver la flamme du soldat inconnu. Donald Trump et Vladimir Poutine sont annoncés. Un déjeuner est ensuite prévu à l’Elysée, avant l’ouverture par Angela Merkel et le secrétaire général de l’ONU d’un forum de la paix. L’armée française rendra quant à elle hommage aux maréchaux qui ont dirigé les combats, ceux qui sont inhumés aux Invalides. Mais sans le président de la République.

Par Bruno Faure | RFI

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