Arnay-le-Duc a récemment vibré au rythme d’un événement d’une résonance historique particulière : la visite de Tristan Clemenceau, arrière-arrière-petit-fils de Georges Clemenceau, l’illustre « Père la Victoire ». Initiée et orchestrée par l’Association Claude Guyot d’Arnay-le-Duc – elle-même gardienne de la mémoire de la Résistance et des figures locales comme l’ancien maire Claude Guyot, cette journée a offert une immersion profonde dans le patrimoine matériel et immatériel de la commune, mettant en valeur la richesse de son passé et la vivacité de son engagement mémoriel.

- La visite de l’ancien Hospice Saint-Pierre, écrin des Arts de la Table

La visite de Tristan Clemenceau et de son épouse a débuté par un voyage au cœur de l’histoire sociale et culturelle d’Arnay-le-Duc, au sein de l’Hospice Saint-Pierre. Cet édifice majestueux, construit entre 1692 et 1700 sur les fondations d’un établissement médiéval, fut pendant des siècles un lieu d’accueil et de soins, organisé autour d’une cour intérieure avec une chapelle centrale et des salles pour les malades. Classé Monument Historique pour son portail d’entrée, ses façades, ses toitures et son pigeonnier depuis 1981, il symbolise la charité et l’architecture classique de la région.

Depuis 1981, après avoir arrêté son activité hospitalière en 1977, ce site d’exception abrite la Maison Régionale des Arts de la Table (MRAT), une institution unique en France dédiée à l’art de vivre et à l’évolution des usages culinaires et de la gastronomie. Accompagné de Hadrien Lacoste, vice-président de la MRAT, Marie-Aleth Clerget, conseillère municipale et administratrice, ainsi que Nelly Lefèvre, administratrice, Tristan Clemenceau et son épouse ont pu découvrir l’exposition 2026, intitulée « Herbes Gourmandes – Herbes Soignantes ». Présentée du 1er mai au 11 novembre 2026 , cette exposition convie les visiteurs à redécouvrir le rôle millénaire et toujours actuel des plantes médicinales et aromatiques, véritables ponts entre la table et la pharmacopée.

Cette exposition audacieuse se propose de dévoiler les liens intimes et souvent méconnus qui unissent ces trésors végétaux à l’art de vivre et au bien-être. Elle illustre comment, au fil des siècles, les herbes ont nourri, soignées et enchanté l’humanité, s’intégrant harmonieusement dans les pratiques culinaires comme dans les rituels de guérison. La MRAT, fidèle à sa vocation d’explorer l’histoire de la gastronomie et des arts de la table, met ici en perspective l’engouement contemporain pour les produits naturels, le végétal et les modes de vie saines.

Le parcours scénographique, débute par une invitation à flâner dans les jardins de l’ancien Hospice, offrant un prélude vivant aux découvertes intérieures. À l’intérieur, la MRAT, forte de plusieurs centaines de pièces de collection, déploie un univers où objets d’art de la table, illustrations botaniques et explications didactiques se conjuguent pour offrir une immersion complète.





- Au cœur du passé industriel : Le Musée de la Lime

Le parcours de découverte s’est ensuite orienté vers une facette cruciale de l’identité arnétoise : son passé industriel. Tristan Clemenceau a eu le privilège de visiter le Musée de la Lime, un lieu emblématique qui rend hommage à une épopée industrielle révolue, mais pourtant fondatrice pour la ville. Arnay-le-Duc fut en effet, au XIXe et au début du XXe siècle, la capitale incontestée de la production de limes, grâce notamment à la Limerie Proutat-Michot-Thomeret, qui employait jusqu’à un quart de la population locale au début du XXe siècle, soit près de 500 personnes.

Sous la direction passionnante de Raymond Thierry, président de l’Association Mémoires de la Lime, Tristan Clemenceau a pu appréhender les techniques ancestrales et la précision chirurgicale du travail des tailleurs de limes. Le Musée de la Lime, inauguré en 2019 et enrichi en 2024 d’une nouvelle scénographie et de machines restaurées, retrace cette histoire à travers de panneaux explicatifs, projections et objets d’époque. Il offre un témoignage vibrant de ce savoir-faire qui a exporté les limes de précision d’Arnay-le-Duc, destinées aux horlogers comme aux maréchaux-ferrants, bien au-delà des frontières françaises. Cette étape a souligné l’ingéniosité et la résilience d’une communauté bâtie sur l’excellence artisanale et a permis de comprendre l’importance économique et sociale de cette industrie pour la région.





- La Tour de la Motte-Forte : vestige médiéval

Un moment fort de la visite a été la visite de la Tour de la Motte-Forte, dernier vestige imposant du château-fort médiéval d’Arnay-le-Duc, fondé sur les fondations d’un ancien castrum gallo-romain. Ce donjon, édifié en 1529, a traversé les siècles, servant tour à tour de prison et de coffre-fort pour les archives municipales. Classée Monument Historique depuis 1921, elle incarne la permanence du patrimoine bourguignon face aux outrages du temps.

En présence de Benjamin Leroux, maire de la ville, Tristan Clemenceau a pu admirer les récentes restaurations qui ont redonné à l’édifice toute sa splendeur. La Tour de la Motte-Forte se dresse comme un symbole puissant de la capacité d’Arnay-le-Duc à honorer son passé tout en se tournant vers l’avenir.








- Le point d’orgue : la cérémonie d’hommage solennel aux Morts pour la France d’Arnay-le-Duc

La fin d’après-midi a été consacrée à une cérémonie d’hommage d’une intensité émotionnelle rare, dédiée aux Morts pour la France d’Arnay-le-Duc et des communes environnantes. Cet événement, imprégné d’un profond recueillement, a rassemblé de nombreuses personnalités, dont Alain Houpert et Anne-Catherine Loisier, sénateurs de la Côte d’Or, Pierre Poillot, conseiller départemental du canton d’Arnay-Liernais, Jean-Benoît Sigros, vice-président de la Communauté de Communes et conseiller municipal d’Arnay-le-Duc, ainsi que de nombreux maires, élus, représentants d’associations patriotiques et mémorielles, et des sapeurs-pompiers. La présence notable d’élèves du collège Claude Guyot d’Arnay-le-Duc et du conseiller départemental jeune d’Arnay-le-Duc a conféré à cette cérémonie une dimension particulièrement forte, soulignant l’importance de la transmission de l’histoire et du devoir de mémoire aux jeunes générations.

Dans ce moment solennel, Benjamin Leroux, maire d’Arnay-le-Duc, Hadrien Lacoste, président de l’Association Claude Guyot, et Tristan Clemenceau ont successivement pris la parole. Leurs discours ont convergé vers l’impérieuse nécessité du devoir de mémoire, rappelant avec ferveur le sacrifice des générations passées et la symbolique des monuments aux morts de nos communes. Une attention toute particulière a été portée à la figure tutélaire de Georges Clemenceau, mais aussi à Stéphen Pichon. Né à Arnay-le-Duc en 1857, ce dernier fut un proche collaborateur de Clemenceau, journaliste pour « La Justice », et occupa plusieurs fois le poste stratégique de Ministre des Affaires étrangères sous la Troisième République, jouant un rôle déterminant lors de la Conférence de paix de Paris et la signature du Traité de Versailles en 1919. Le dépôt symbolique de gerbes par le Maire au nom de la commune, puis par Hadrien Lacoste et Tristan Clemenceau, a scellé cet engagement collectif ne jamais oublier.












- Inauguration de l’exposition « de Lattre – Clemenceau, exemple de réconciliation nationale ? »

La commémoration s’est poursuivie par l’inauguration d’une exposition inédite intitulée « de Lattre – Clemenceau, exemple de réconciliation nationale ? ». Présentée dans l’ancienne salle de la Justice de Paix de l’Hôtel de Ville d’Arnay-le-Duc, cette exposition offre une occasion unique de réflexion sur deux figures majeures de l’histoire de France et sur les dynamiques parfois complexes, mais essentielles, de la réconciliation nationale. Elle est ouverte gratuitement au public du 13 juin au 3 juillet 2026, durant les horaires d’ouverture habituels de la mairie, invitant les visiteurs à un dialogue enrichissant avec l’histoire.



- Épilogue convivial : le vin d’honneur à la mairie
La journée, riche en émotions et en découvertes, s’est achevée dans un cadre plus étendu par un vin d’honneur offert par la municipalité d’Arnay-le-Duc, à la mairie. Ce moment convivial a permis des échanges fructueux entre les participants, scellant les liens et prolongeant les réflexions initiées tout au long de cette visite exceptionnelle. La présence de Tristan Clemenceau à Arnay-le-Duc laissera une empreinte durable, rappelant avec éloquence l’importance de préserver et de transmettre la mémoire collective pour éclairer les chemins de l’avenir.